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les focalisations dans la littérature

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les focalisations dans la littérature

Message par karime le Ven 6 Fév - 19:44


Dans un récit (un roman, une nouvelle, une épopée), il importe de se poser deux question

Qui raconte ? la voix est celle d’un personnage «  narrateur personnage » ou d’un témoin qui raconte ce qu’il voit ( narrateur extérieur témoin)

Qui voit ?(ou mieux encore Quel est le personnage dont le point de vue oriente la narration ?).


Les points de vue

→on de se demande comment sont vus ou perçus les événements racontés dans une histoire.

Il existe trois types de point de vue que l’on peut symboliser par les formules suivantes :

1 - Narrateur > Personnage (Le narrateur en sait plus que le personnage). C’est le point de vue zéro.

2 - Narrateur = Personnage (Le narrateur ne dit que ce que sait le personnage). C’est le point de vue interne.

3 - Narrateur < Personnage (Le narrateur en dit moins que n’en sait le personnage). C’est le point de vue externe.

On ne parle pas toujours de point de vue, mais aussi de focalisation.

=focalisation signifie Concentrer en un point, comme avec un appareil photo ou une caméra. La focalisation porte sur une partie narrative, brève, plus rarement sur une œuvre entière.


1 - Le point de vue zéro/omniscient

La perception est illimitée.. Le narrateur en sait plus que le personnage  puisqu'il connaît le passé, le présent et l'avenir ou encore les pensées de chacun de ses personnages, même ce qu'ils cachent.



2 - Le point de vue interne

C'est un peu comme si nous étions le personnage

Ce procédé est également fréquemment utilisé au cinéma. On parle alors de caméra subjective. Le spectateur s'identifie ainsi au personnage en se mettant à sa place. On en a quelques exemples dans l'extrait du film Troie lors du duel entre Pâris et Ménélas

Dans un texte où le point de vue interne est utilisé, nous sommes amenés à connaître les sentiments et les pensées du personnage. Le personnage focal n’est jamais décrit ni même désigné de l’extérieur et ses pensées ou ses perceptions ne sont jamais analysées par le narrateur. Si le récit ou un passage est mené à la troisième personne, on peut le réécrire à la première personne, comme si nous étions le  personnage (Le narrateur ne dit que ce que sait le personnage.


3 - Le point de vue externe

Le héros agit devant nous sans que nous ne connaissions jamais ses pensées ou ses sentiments (pour cette raison, le récit est mené à la troisième personne). Il y a un mystère : le personnage est un inconnu

Le narrateur en dit moins que n’en sait le personnage.




















Pour chaque texte, indique le narrateur, le point de vue et justifie



1/[…] j’étais arrivé à la porte, et je me redressai. Je ne pus rien distinguer à l’intérieur où régnaient d’opaques ténèbres. D’autre part, je n’entendais que le ronflement régulier des dormeurs, et, parfois, de petits bruits semblables à des froissements de plumes ou à des coups de bec, parfaitement inexplicables pour moi.

J’entrai d’un pas ferme, les bras tendus en avant. J’avais l’intention (et j’en riais en silence) d’aller m’étendre à ma place habituelle, pour me moquer ensuite de la mine que feraient mes compagnons quand ils me trouveraient le lendemain matin. ( Robert Louis Stevenson, L’Île au trésor )




2/Louis Lambert naquit, en 1797, à Montoire, petite ville du Vendômois, où son père exploitait une tannerie de médiocre Louis Lambert naquit, en 1797, à Montoire, petite ville du Vendômois, où son père exploitait une tannerie de médiocre importance et comptait faire de lui son successeur ; mais les dispositions qu’il manifesta prématurément pour l’étude modifièrent l’arrêt paternel. D’ailleurs le tanneur et sa femme chérissaient Louis comme on chérit un fils unique et ne le contrariaient en rien. L’Ancien et le Nouveau Testament étaient tombés entre les mains de Louis à l’âge de cinq ans ; et ce livre, où sont contenus tant de livres, avait décidé de sa destinée. (Louis Lambert d’Honoré de Balzac)




3/Dans les premiers jours du mois d’octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entra dans la petite ville de Digne. Les rares habitants qui se trouvaient en ce moment à leurs fenêtres ou sur le seuil de leurs maisons regardaient ce voyageur avec une sorte d’inquiétude. Il était difficile de rencontrer un passant d’un aspect plus misérable. ( Victor Hugo, Les Misérables)




4/Ce fut un repas étrange. Chacun se montrait d'une prévenance extrême :

- Voulez-vous encore un peu de café, miss Brent ?

- Une tranche de jambon, miss Claythorne ?

- Un autre toast ?

Six personnes, extérieurement calmes et maîtresses d'elles-mêmes.

Mais intérieurement ? Des pensées qui tournaient en rond comme des écureuils en cage...

« Et maintenant ? Et maintenant ? Qui ? Lequel ? »

« Est-ce que ça va marcher ? Je me demande... Mais ça vaut le coup d'essayer. Seulement est-ce que nous aurons le temps ? Bon Dieu, est-ce que nous aurons le temps?... »

« Folie mystique, à tous les coups... Pourtant, à la regarder, on ne croirait jamais... Et si je me trompais?... »

« C'est dingue... tout est dingue. Je deviens dingue. De la laine qui disparaît... des rideaux en toile cirée rouge... ça n'a ni queue ni tête. Je ne comprends le comment du pourquoi... »

« L'imbécile ! Il a cru tout ce que je lui ai dit. Simple comme bonjour... Il faut quand même que je sois prudent, très prudent. »

[…] ( Agatha Christie, Dix petits nègres )

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